René Roux, tout couvert de glaise, sanguinolent, épuisé, hagard... au sortir de la mémorable exploration du 24 janvier 1968, déclara: "c'est humainement terminé".

Un mythe des garrigues: La terrible Grotte Véronique

 

Commune de Saint-Martin-de-Londres.

Massif de la Sellette.

Historique

La grotte est découverte le 16 juillet 1962 par C. Balcet du SCM qui la reconnaît jusqu’à lapremière voûte mouillante le 20 juillet.

Le 28 juillet de l’année suivante, A. Allègre, J. Azéma, A. Colomer, J. Granier, A. Rigaud et R. Roux franchissent trois laisses d’eau avant de s’arrêter devant le siphon de boue. Quatre semaines plus tard, le 23 août 1963, Balcet, J.-M. Cardonnet, Cuvilliers et Roux trouvent l’obstacle à sec et progressent jusqu’à l’étroiture de la Coulée. Le développement est estimé à mille cent mètres. Le 11 septembre, les mêmes plus R. Nourrit visitent en détail les diverticules.

Le dynamitage de l’étroiture de la Coulée par Colomer et Roux le 4 août 1964 ouvre l’accès à la suite de la cavité. Les deux anguilles foncent jusqu’au gour du Courant d’air au-delà de la redoutable étroiture de l’Accouchement. La grotte excède les 2000 m.

Le 30 mai 1965, A. Boyer, Cardonnet, Colomer, H. Paloc et J.-C. Théron reviennent à la charge. Tandis que les deux derniers effectuent le relevé topographique des conduits menant à l’étroiture du Sable, les trois autres dépassent le point connu. Colomer atteint la fissure terminale dans laquelle il s’engage sur quelques mètres. Le développement total est estimé à trois mille mètres.

Une ultime sortie mémorable, le 24 janvier 1968, réunit Colomer, Congras et Roux dans l’exploration éprouvante du boyau des fakirs, trente mètres avant le terminus. Si la cavité est considérée comme « humainement terminée », Colomer note que « la galerie continue aussi étroite mais aérée et franchissable…»

Une décennie plus tard, en 1976 et 1977, le GERSAM reprend les explorations et la topographie de la grotte. Les enfants spirituels de R. Roux découvrent la galerie Temple et s’aventurent derrière l’étroiture de l’Accouchement sans y découvrir de prolongements notables. En 1988 et 1989, d’autres incursions permettent de compléter la topographie des galeries intermédiaires. Il explore un méandre exigu à la base d’un P 10 dans la galerie des Perles en septembre 1993. Le développement jusqu’à l’étroiture de l’Accouchement avoisine trois mille mètres. La partie terminale, vierge de tout relevé, est estimée entre un kilomètre et demi et deux kilomètres.

En 1998, quelques anciens gersamiens séparatistes fondent un nouveau club, le MASC. Ce nouveau club projette doit faire connaître sa naissance par un coup d'éclat, une première fabuleuse. Et quoi de plus mythique, pour un ancien gersamien, que Véronique? Profitant de la vidange du barrage durant l’été 1998 et de l'assèchement des voûtes mouillantes qui s'ensuit, le MASC, sans état d'âme, n'hésite pas à élargir les légendaires étroitures de la Coulée et de l’Accouchement... Et accède confortablement au seuil de l'humainement terminé du vieux maître qui nous a quité l'année précédente pour le pays premières éternelles. La topographie réduit à 453 mètres le parcours post-accouchement. La fissure terminale est franchie. Arrêt dix mètres plus loin sur un chatière encore plus sévère. Le 11 septembre 1998, il découvre la première partie de la galerie du Loir qui reçoit la visite d’une spéléo (première féminine post-Accouchement ?). Cinquante mètres sont rajoutés six jours plus tard. Le 26 septembre, au retour du relevé topographique de cette première « grande » première masquienne où la seconde partie de la galerie du Loir est explorée, trois Masquiens – G. Baldy, B. Coupvent et P. Géa – se retrouvent bloqués derrière les voûtes mouillantes par une brusque crue du fleuve. Ils ressortent en plongée trente heures plus tard grâce à l’intervention du Spéléo Secours de l’Hérault, et auront ainsi l'honneur d'accéder à la célébrité dans les pages du Midi Libre. La facétieuse et reptatoire Véronique s'était vengée de l'usage immodéré de la dynamite que ces nouveaux prétendants, pour accéder à ses faveurs, avaient cru bon devoir faire dans ses plus légendaires pertuis.

 

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Véronique...